MENA Newswire News Desk : L’Europe doit rapidement augmenter ses investissements de près de 900 milliards de dollars par an, sinon elle sera confrontée à une baisse significative de sa compétitivité, selon un rapport présenté par l’ancien de la Banque centrale européenne Mario Draghi. Le rapport, demandé par la Commission européenne, souligne le besoin urgent d’augmenter les dépenses dans des domaines tels que les technologies vertes, la défense et l’innovation numérique pour contrer la hausse des prix de l’énergie, la contraction des échanges commerciaux et le ralentissement de la croissance.

Le rapport de Draghi souligne que la position de l’Union européenne dans l’économie mondiale est en danger, car elle a du mal à concurrencer les États-Unis et la Chine. Le rôle décroissant de l’Europe dans des secteurs clés, notamment l’intelligence artificielle et la technologie, associé à la hausse des coûts et à la baisse de la demande d’exportations, l’a placée dans une position vulnérable. Draghi a averti que l’absence d’action pourrait conduire à une « lente agonie » pour le continent.
Pour inverser la tendance, Draghi a proposé que les pays de l’UE investissent collectivement 5 % de leur PIB, à l’instar des efforts de reconstruction de l’après-Seconde Guerre mondiale, comme le Plan Marshall. Cependant, l’Allemagne, la plus grande économie de l’UE, a déjà rejeté l’idée de Draghi d’un emprunt partagé, un élément clé du plan. Ce rejet témoigne des défis politiques auxquels l’UE est confrontée pour coordonner ces efforts.
Le rapport appelle également à la suppression des obstacles bureaucratiques qui empêchent les industries européennes de rivaliser à l’échelle mondiale. Il recommande un effort collectif en faveur de l’innovation numérique et des dépenses militaires, soulignant que les niveaux actuels d’investissement sont inférieurs à ceux des États-Unis et de la Chine. Draghi suggère une approche plus unifiée entre les 27 États membres de l’UE pour stimuler la croissance et protéger la production européenne de la concurrence étrangère.
Toutefois, la résistance politique des principaux pays de l’UE pourrait faire obstacle aux changements proposés. Les partis populistes de toute l’Europe ont exprimé leur opposition à l’accroissement de l’influence financière de l’UE, et les divisions internes en Allemagne et en France pourraient ralentir les progrès. Malgré ces défis, le rapport de Draghi appelle à une action urgente pour empêcher un nouveau déclin de l’Europe dans l’économie mondiale. L’UE doit maintenant décider si elle suit le plan de Draghi ou si elle subit les conséquences d’une stagnation continue. Alors que l’écart entre l’UE et les autres puissances économiques mondiales se creuse, les enjeux pour le bloc n’ont jamais été aussi élevés.
